Cameroun – Un Réseau paramilitaire démantelé : Des faux agents de défense et de sécurité mis hors d’état de nuire.


  • Direct Info
  • 16 juillet 2026

Sous couvert d’une association de défense des droits de l’Homme, l’organisation « ODDH International » avait mis sur pied une structure clandestine armée, usurpant les fonctions de police et de gendarmerie pour extorquer les citoyens.

Le Poste de Commandement Opérationnel de la Gendarmerie Nationale (PCOPS) vient de frapper un grand coup dans la lutte contre la criminalité à col blanc et l’usurpation de fonctions régaliennes. Les fins limiers de la gendarmerie ont démantelé une organisation criminelle d’envergure qui usurpait les prérogatives des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et prétendait faussement agir sous le mandat de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

L’enquête a été déclenchée suite à un signalement du Ministère des Relations Extérieures. Ce dernier avait détecté les activités suspectes d’une association camerounaise de promotion des droits de l’Homme qui exploitait illégalement les symboles de l’ONU. Cette organisation avait poussé l’audace jusqu’à faire accréditer de faux représentants auprès de l’Union Européenne (UE) et de l’Union Africaine (UA).

Les investigations menées par le PCOPS ont permis d’interpeller deux hauts dirigeants de l’Organisation pour la Défense des Droits de l’Homme (ODDH International), notamment son Président et sa Secrétaire Générale, ainsi que six de leurs complices.

La perquisition des domiciles des mis en cause a révélé l’ampleur et la dangerosité du réseau. Les gendarmes ont saisi un véritable arsenal militaire ainsi que du matériel d’usurpation administrative de haute technicité dont des armes de guerre et des armes de chasse, des tenues militaires réglementaires et des uniformes du GPIGN arborant les effigies de l’ODDH International, des attributs de commandement comprenant des galons, des rangers, des poignards et divers cachets, des cartes professionnelles d’agents de sécurité, des fiches d’engagement, des laissez-passer et des ordres de mission fictifs et des documents falsifiés revêtus du sceau officiel de la Sûreté Nationale, incluant de fausses convocations et de faux procès-verbaux d’audition.

D’après les explications fournies par le Lieutenant – Colonel NANA II Georges Parfait, Chef du PCOPS, l’ODDH International est à l’origine une association légalement constituée. Toutefois, ses dirigeants ont totalement dévoyé sa mission de promotion des droits de l’Homme pour la transformer en une milice privée.

Dotée d’uniformes, de grades factices et d’armes de défense, l’ODDH International avait réussi à s’implanter dans une centaine d’arrondissements du Cameroun. Ses membres se substituaient illégalement aux Officiers de Police Judiciaire (OPJ) pour mener des convocations, des auditions et des interpellations arbitraires.

Le réseau utilisait les emblèmes de l’ONU et s’octroyait de fausses immunités diplomatiques pour franchir sans encombre les contrôles routiers et infiltrer les institutions publiques. Leurs fausses identités de policiers ou de gendarmes servaient principalement de levier pour extorquer d’importantes sommes d’argent aux populations civiles.

Pour endormir la méfiance de ses interlocuteurs, le président de l’ODDH International jonglait avec les titres les plus prestigieux selon les circonstances : « Haut-Commissaire », « Officier Général », « Ambassadeur » ou encore « Chevalier ». Il s’était entouré de collaborateurs qui prétendaient être Commissaires ou Inspecteurs de police.

Lors de son audition, le cerveau du réseau a avoué mener cette entreprise d’imposture depuis 2009. Il a également révélé qu’il recrutait l’essentiel de ses complices et adeptes via les réseaux sociaux.

Les suspects seront traduits devant la justice dans les prochains jours, tandis que le PCOPS poursuit ses investigations pour identifier et interpeller tous les membres restants de cette organisation.

Le Lieutenant – Colonel NANA II Georges Parfait a invité les autorités civiles, militaires ainsi que l’ensemble des populations à doubler de vigilance. Il exhorte chacun à dénoncer sans délai tout comportement suspect en contactant gratuitement la Gendarmerie Nationale via ses numéros verts, le 113 ou le 1501.

Peter Kum

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