
La délégation camerounaise, conduite par le Ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable, Hele Pierre, par ailleurs Vice-président de cette assise mondiale, a joué un rôle particulièrement actif et stratégique à l’occasion de ce gra’d rendez-vous sur la désertification, tenue à Oulan-Bator, en Mongolie, du 17 au 28 aout 2026.

Le Cameroun ne se contente pas simplement de subir les effets de la dégradation des sols, mais, il intervient de manière ciblée sur le tryptique Eau, Migrations et Financements.
En voici quelques-un de ses axes d’action précis dans les négociations d’Oulan-Bator. Premièrement sur le leadership sur les problématiques de l’eau, le Ministre camerounais, Hele Pierre, intervient directement lors du segment de haut niveau, pour porter la voix des nations africaines, touchées par l’aridité. Ainsi, le Cameroun axe ses priorités entre autres sur la rétention de l’eau au sein des paysages ; la restauration du couvert végétal et des sols ; les techniques de lutte contre l’érosion précoce induite par les dérèglements hydriques ; et le plaidoyer sur le lien « Migration et Sécurité ».
À l’occasion de cette rencontre planétaire, le Cameroun co-anime des tables-rondes majeures facilitées par l’Organisation Internationale des Migrations (OIM).
Avec un enjeu sur l’avancée du désert dans la partie septentrionale du pays (Extrême-Nord), le Cameroun défend l’intégration systématique des phénomènes migratoires dans les budgets environnementaux globaux. Le Ministre Hele Pierre rappelle que la perte des terres et de l’eau est le premier moteur de l’insécurité et des déplacements des populations.

La diplomatie bilatérale pour des financements concrets
Le Cameroun profite de la COP17 pour transformer les discussions multilatérales, en opportunités d’investissements directs. Négociations avec les Émirats arabes unis, la délégation camerounaise mène des discussions de haut niveau, afin de lever des fonds cruciaux.
Concernant le financement du complexe agro-industriel de Kaélé, l’objectif ciblé est d’obtenir des capitaux pour moderniser cette zone de l’Extrême-Nord, en la dotant de structures agricoles résilientes au stress hydrique.
À travers le partage d’expertise sur l’opération Sahel Vert, le Cameroun capitalise sur son expérience historique de terrain. Hele Pierre présente les réussites et les leçons apprises du programme national Sahel Vert, comme étant un modèle de reboisement et de ceinture végétale réplicable dans d’autres zones subhumides et arides de la sous-région de l’Extrême-Nord.
Cette COP17 place la gestion des ressources hydriques au centre de ses priorités. La diminution de la disponibilité en eau et l’aggravation des sécheresses, poussent les négociateurs à transformer les promesses politiques en actions urgentes.
Face à la dégradation des sols, les débats soulignent l’urgence de réformer les pratiques d’irrigation. L’agriculture intensive détruisant la fertilité des terres, la tendance est de restreindre le gaspillage d’eau agricole, afin de sanctuariser l’accès à l’eau potable pour les populations.
Ainsi, plus de 70 pays ont d’ores et déjà soumis leurs plans nationaux de gestion de la sécheresse. Le cœur des négociations actuelles consiste à transposer juridiquement et techniquement ces plans en projets de terrain concrets, (infrastructures de stockage d’eau de pluie, protection des nappes phréatiques).
Transition vers l’agroécologie
Les délégations présentes à cette COP17, étudient des mécanismes pour subventionner de nouvelles techniques agricoles, moins gourmandes en eau et capables de prévenir la salinisation des sols, induite par une mauvaise irrigation.
Le point de blocage majeur ici est le financement.
La mise en œuvre des infrastructures hydrauliques et de résilience face à la sécheresse, se heurte à une impasse financière majeure. Les experts de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) estiment que 2 100 à 2 600 milliards de dollars d’investissements mondiaux sont nécessaires.
Tandis que le Partenariat mondial pour la résilience à la sécheresse (initié à Riyad lors de la COP16) n’affiche que 12 milliards de dollars de fonds mobilisés.
En même temps, les financements privés ne couvrent aujourd’hui que 6% des besoins. Les négociations d’Oulan-Bator visent donc à créer des cadres incitatifs (et des garde-fous stricts), pour pousser les banques agricoles et les investisseurs privés, à injecter des capitaux dans la restauration hydrique des terres.
D’où l’urgence des dynamiques politiques et régionales. Surtout que le multilatéralisme environnemental subit de fortes tensions, mais la transversalité du sujet de l’eau (qui touche à l’alimentation, à la santé et aux migrations), pousse les blocs géopolitiques à chercher des consensus. Des pays en première ligne, à l’instar du Cameroun (élu à la Vice-présidence de cette COP), partagent leurs retours d’expérience, avec l’opération Sahel Vert, pour attirer des financements bilatéraux et adapter la gestion de l’eau aux réalités des écosystèmes fragiles.
Samuel BONDJOCK, Source Celcom MINEPDED.
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