
La Présidence de la République du Tchad a rendu publics, ce vendredi 14 août 2026, deux décrets majeurs portant grâce présidentielle et remise partielle de peines.
Cette décision matérialise l’engagement pris quatre jours plus tôt par le chef de l’État, Mahamat Idriss Déby Itno, d’accorder le pardon républicain à certains citoyens condamnés par la justice.
Selon les précisions de la présidence, le premier décret de grâce bénéficie directement à neuf responsables politiques de premier plan dont Succès Masra, l’ancien Premier ministre et opposant, qui avait été condamné à vingt ans de prison ainsi qu’au paiement d’un milliard de francs CFA de dommages et intérêts. Et les huit dirigeants de l’ex-GCAP. Présidents et secrétaires généraux de partis politiques issus du Groupe de concertation des acteurs politiques. La Présidence soulève que ces bénéficiaires ont formellement « sollicité la grâce présidentielle par l’intermédiaire de leurs avocats ».
Le Ministère de la Justice est désormais chargé d’exécuter les formalités administratives pour rendre ces neuf personnalités libérables dans les plus brefs délais. Toutefois, les services du Palais rose rappellent que si le chef de l’État efface les peines d’emprisonnement et accorde son pardon, la grâce présidentielle n’annule pas les condamnations financières et civiles, qui demeurent entièrement exécutoires et poursuivables.
Le second décret promulgué accorde une mesure de remise partielle de peine collective à de nombreux détenus à travers l’ensemble du territoire tchadien, sur le modèle des mesures prises en 2023. Cette réduction de peine concerne divers cas, y compris les condamnés pour des infractions liées à la corruption qui bénéficient d’un allègement sans pardon total. Sont en revanche strictement exclus de cette mesure d’exemption partielle les individus condamnés pour des actes de terrorisme, de viol ou pour des infractions liées aux stupéfiants.
Peter Kum
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