
Nouveau coup de pied dans la fourmilière de l’immigration irrégulière et de la sécurité urbaine dans la capitale tchadienne. Une importante opération mixte de sécurité a été déployée aux premières lueurs de ce samedi 13 juin 2026, dans le 8ᵉ arrondissement de N’Djaména.
Le ciblage s’est concentré sur le quartier populaire et hautement cosmopolite de Diguel Riad (ou Diguel Riyad).
Menée conjointement par plusieurs corps en uniforme (forces de police, gendarmerie nationale et services spécialisés de l’immigration), cette descente surprise a permis de quadriller les axes névralgiques de ce secteur. Diguel Riad, célèbre localité qui abrite la grande mosquée Roi Mohammed VI, est une zone à forte mixité communautaire, où cohabitent nationaux et denses colonies de ressortissants des pays d’Afrique centrale et de l’Ouest.
Le bilan initial fait état de l’interpellation de plusieurs dizaines d’étrangers. Les personnes interpellées ont été conduites vers des centres de rétention et d’identification pour le contrôle systématique de la régularité des titres de séjour, la vérification des visas d’entrée et des cartes consulaires ; et surtout le traitement des profils suspectés de liens avec des réseaux de criminalité transfrontalière.
Cette rafle matinale n’est pas un fait isolé. Elle s’inscrit en droite ligne d’une vaste campagne d’assainissement et de contrôle d’identité amorcée avec vigueur par les autorités tchadiennes, depuis mai 2026. Des opérations analogues menées dans d’autres arrondissements de la capitale avaient déjà débouché sur des centaines d’interpellations, ciblant aussi bien des nationaux dépourvus de pièces d’état civil, que des vagues de migrants en situation irrégulière (notamment des ressortissants nigérians, nigériens ou camerounais).
Le contexte macro-sécuritaire :
Pour le gouvernement tchadien, ce verrouillage de la capitale répond à un impératif de sécurité nationale. Face à l’instabilité chronique qui secoue la bande sahélienne et à la persistance des menaces asymétriques, orchestrées par les groupes terroristes dans le bassin du Lac Tchad. Le contrôle strict de la démographie urbaine et des flux migratoires est désormais érigé en priorité absolue pour prévenir toute infiltration.
Peter Kum
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