
Épilogue heureux, mais encore incomplet, pour l’un des transporteurs camerounais retenus au Tchad. Arrêté en février 2026 et incarcéré depuis lors, le conducteur de camion, Kongné Jean Marie a été officiellement relaxé le mercredi 10 juin 2026 en matinée.
Aussitôt élargi, il a été mis à la disposition de l’Ambassade du Cameroun au Tchad, à N’Djaména, où il a été chaleureusement reçu par l’Ambassadeur, S.E. Mohaman Sani Tanimou. Grâce aux dispositions d’urgence prises par la chancellerie, Monsieur Kongné a pu embarquer dès l’après-midi de ce 10 juin, à bord du vol QC 313 E de la compagnie nationale Camair-Co, pour regagner Douala, sa ville de résidence.
Les premiers observateurs rapportent que le transporteur affichait une assez bonne mine et ne présentait pas de séquelles physiques apparentes liées à ses quatre mois de détention.
Ce dénouement est le résultat direct d’une réunion de haut niveau tenue le lundi 8 juin 2026. Cette rencontre de crise était présidée par le Directeur Général Adjoint du Protocole d’État du Tchad, avec la participation active du Ministre Conseiller de l’Ambassade du Cameroun, Monsieur Ngodwe Alain. C’est ce dialogue de proximité qui a permis d’accélérer les procédures de remise en liberté du ressortissant camerounais.
Malgré ce succès diplomatique, une vive inquiétude persiste. Le sort de Kamdem Youmsi André, l’assistant de ce conducteur (motor-boy), demeure à ce jour totalement inconnu. Il aurait pourtant été interpellé au même moment et sur le même site que son employeur, en février dernier.
Face à cette disparition préoccupante, le Directeur Général Adjoint du Protocole d’État tchadien s’est officiellement engagé à mener toutes les vérifications nécessaires auprès des services de sécurité, pour faire toute la lumière sur la localisation et la situation juridique de ce jeune assistant.
L’affaire est loin d’être close sur le plan légal. Bien que Sieur Kongné ait été autorisé à regagner le Cameroun, la procédure reste pleinement pendante devant les juridictions tchadiennes pour établir les responsabilités dans le fond.
Pour les besoins stricts de l’enquête criminelle ou douanière en cours, les forces de l’ordre tchadiennes maintiennent sous saisie, le téléphone portable et les pièces d’identité originales de Monsieur Kongné, ainsi que le camion de transport lourd et le conteneur litigieux (dit « querellé »), qui constituaient le cœur du litige.
Pour la suite de cette bataille juridique internationale, le Bureau de Gestion du Fret Terrestre (BGFT) du Cameroun, ainsi que le collectif d’avocats constitué pour la cause, vont devoir rester pleinement mobilisés. Leur objectif sera de suivre la procédure jusqu’à son terme, afin d’obtenir la restitution du matériel roulant et de blanchir définitivement ces transporteurs camerounais.
Peter Kum
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