
Élue par la COP-MOP, l’experte camerounaise rejoint ainsi une instance internationale chargée d’accompagner la mise en œuvre du Protocole de Nagoya.

La biodiversité camerounaise s’invite davantage dans les instances internationales. Dr Aurélie Taylor Patience Dingom a été élue membre du Comité de conformité du Protocole de Nagoya, une reconnaissance de son expertise en matière d’accès aux ressources génétiques et de partage équitable des avantages issus de leur utilisation.

Derrière cette élection se dessine un parcours marqué par la recherche scientifique, l’action publique et l’engagement en faveur d’une gouvernance plus équitable des ressources génétiques. À travers cette désignation par la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au Protocole de Nagoya (COP-MOP), le Cameroun voit l’une de ses expertes accéder à un mécanisme international important pour le suivi de la mise en œuvre de cet instrument.
Le Comité de conformité a pour rôle d’accompagner les Parties dans l’application du Protocole et d’examiner les questions générales liées au respect de ses dispositions. Ce mécanisme contribue à promouvoir une mise en œuvre cohérente des engagements pris par les États, dans un contexte où l’exploitation des ressources génétiques soulève des enjeux scientifiques, économiques et environnementaux.

Un parcours au service de l’accès et du partage des avantages
Pharmacologue et inspecteur au ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (MINEPDED), Dr Aurélie Taylor Patience Dingom est également le Point focal national du Protocole de Nagoya au Cameroun. Son domaine d’intervention, connu sous l’appellation, accès et partage des avantages (APA), vise notamment à garantir une répartition juste et équitable des bénéfices découlant de l’utilisation des ressources génétiques.
Titulaire d’un doctorat en pharmacologie de l’Université de Yaoundé I et d’un diplôme en administration publique de l’École nationale d’administration publique (ENAP) du Québec, au Canada, elle associe expertise scientifique et compétences en gouvernance publique. Elle enseigne par ailleurs la physiologie humaine et la pharmacologie à la Faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’Université de Yaoundé I.

Au niveau national, elle a conduit le processus d’élaboration, de mise en place et d’opérationnalisation du dispositif relatif au Protocole de Nagoya. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la loi n° 2021/014 du 9 juillet 2021, qui encadre l’accès aux ressources génétiques, à leurs dérivés, aux connaissances traditionnelles associées ainsi que le partage des avantages issus de leur utilisation.
Ce cadre juridique revêt une importance particulière pour le Cameroun, dont les ressources biologiques et les savoirs traditionnels constituent des enjeux de recherche, de conservation et de valorisation. Il vise à mieux encadrer leur utilisation et à favoriser un partage équitable des bénéfices entre les différents acteurs concernés.
Une expertise reconnue au-delà des frontières
L’expérience de Dr Dingom s’étend également aux mécanismes internationaux. Entre 2019 et 2020, elle a participé au Groupe spécial d’experts techniques (AHTEG) consacré aux informations de séquence numérique concernant les ressources génétiques. Depuis 2025, elle siège au Comité consultatif informel de la plateforme ABS Clearing-House, consacrée à l’échange d’informations sur l’accès et le partage des avantages.
Auteure de plusieurs publications scientifiques et institutionnelles, elle contribue aux réflexions sur l’harmonisation des politiques et des pratiques internationales en matière d’APA.
Son élection au Comité de conformité du Protocole de Nagoya constitue ainsi une nouvelle étape dans son parcours et renforce la présence de l’expertise camerounaise dans les mécanismes internationaux de gouvernance de la biodiversité.
À l’heure où la préservation du vivant et la valorisation des ressources génétiques occupent une place croissante dans les débats internationaux, cette responsabilité rappelle l’importance de concilier progrès scientifique, protection de la biodiversité et justice dans le partage des avantages.
Théophile Ngondi
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