
L’annonce du Ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, portant sur la fermeture prochaine de 1400 églises de réveil exerçant en marge de la réglementation continue de susciter des réactions. Si l’État entend remettre de l’ordre dans un secteur confronté à de multiples dérives, une fédération d’églises de réveil estime que cet assainissement doit s’accompagner d’une application rigoureuse et équitable des procédures.
Au cours d’une conférence de presse tenue jeudi à Yaoundé, les responsables de cette fédération ont salué l’initiative gouvernementale, qu’ils considèrent comme une opportunité de restaurer la crédibilité de l’Église et de préserver la noblesse de la mission évangélique.
Dans cette dynamique, la fédération propose la mise en place d’un organe de discipline chargé de recevoir les plaintes, d’examiner les manquements et de recommander des sanctions à l’encontre des responsables reconnus coupables de dérives. Un mécanisme qui, selon elle, contribuerait à séparer le bon grain de l’ivraie et à renforcer la confiance des fidèles.
Tout en adhérant à la volonté des pouvoirs publics de mettre un terme aux abus, la fédération exprime toutefois des réserves sur la mise en œuvre des mesures. Elle déplore notamment la fermeture de certains lieux de culte avant l’expiration du délai de 14 jours accordé par le ministère de l’Administration territoriale pour la régularisation des dossiers. Selon elle, le respect de la loi doit aller de pair avec le respect des procédures administratives.
Réaffirmant son engagement à œuvrer dans le respect des lois de la République et des valeurs chrétiennes, la fédération appelle à une réforme qui conjugue fermeté et équité, afin que l’assainissement du secteur religieux soit aussi un gage de justice et de confiance.
L’annonce du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, relative à la fermeture de 1 400 églises de réveil s’inscrit dans le cadre de la volonté du gouvernement de renforcer l’encadrement des activités religieuses au Cameroun.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par des interrogations sur certaines pratiques observées dans le milieu religieux, notamment après le meurtre d’une fillette de 11 ans à Yaoundé, une affaire qui a suscité une vive émotion et relancé le débat sur la nécessité d’un meilleur contrôle des lieux de culte. Les autorités indiquent qu’il s’agit avant tout de faire respecter la réglementation en vigueur, de préserver l’ordre public et de protéger les fidèles, tout en distinguant les communautés respectueuses des normes des structures en situation irrégulière.
Natacha Mbarga
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