
Dans une lettre ouverte ce jeudi 5 novembre 2026, des décideurs économiques accusent la Banque de la Réserve Fédérale de New York d’entraver l’accès à 40 milliards de dollars de garanties en maintenant une alerte contestée contre la société EIG Global Trust.
Cette lettre ouverte rédigée par un collectif d’acteurs économiques africains suscite un vif débat sur la régulation monétaire internationale, la souveraineté financière et le contrôle des devises numériques. Au cœur de la controverse : une mise en garde publique pour fraude émise par la Banque de la Réserve Fédérale de New York (Fed de New York) à l’encontre d’EIG Global Trust (EIGBC), une structure faisant la promotion d’un actif numérique adossé à l’or et affirmant pouvoir mobiliser plus de 40 milliards de dollars de garanties au profit des États africains.
La lettre ouverte souligne que la baisse des frais de transaction, la rapidité des règlements internationaux et la réduction de la dépendance envers le système traditionnel SWIFT profitent directement aux ménages, aux PME et aux grands projets d’infrastructures souveraines (irrigation, énergie, transports).
Les promoteurs d’EIG Global Trust soutiennent que leur stablecoin, l’EIGBC, constitue un actif liquide pouvant être déposé auprès des banques centrales ou commerciales pour débloquer d’importants financements de développement, en échange de participations au capital des projets locaux — évoquant notamment un dépôt confidentiel de 40 milliards de dollars récemment accepté par un grand pays africain.
L’auteur conteste frontalement l’alerte publiée sur le portail de prévention des fraudes de la Fed de New York (newyorkfed.org/banking/frscams.html). La lettre accuse l’institution américaine et ses représentants régionaux de refuser tout réexamen approfondi des preuves, de ne pas divulguer les éléments factuels justifiant cette alerte et d’entraver l’autonomie financière du continent.
La démarche de la Fed est présentée non pas comme une simple mesure de régulation, mais comme un potentiel conflit d’intérêts visant à préserver la prédominance des circuits financiers occidentaux. La lettre appelle à une transparence totale et à un dialogue direct avec les banques centrales africaines.
Du point de vue de l’analyse financière et de la régulation bancaire, ce différend illustre les tensions croissantes entre les nouvelles initiatives de tokenisation d’actifs réels (Web3 / RWA) et le cadre de surveillance des banques centrales.
Les autorités monétaires inscrivent régulièrement des entités sur leurs listes d’avertissement lorsque ces dernières revendiquent abusivement un adossement, une immatriculation ou un agrément auprès des institutions centrales (système de la Réserve Fédérale, Banque des Règlements Internationaux, etc.).
Les analystes financiers rappellent que si les monnaies stables (stablecoins) adossées à des actifs promettent une forte liquidité, les États restent exposés à d’importants risques juridiques et de contrepartie si les réserves sous-jacentes (lingots d’or, dépôts fiduciaires) ne font pas l’objet d’un audit indépendant et vérifiable selon les normes internationales.
Ce dossier touche à un enjeu géopolitique majeur en Afrique subsaharienne : la volonté de diversifier les partenaires financiers pour échapper aux intermédiaires occidentaux, face à l’exigence impérative de protéger les finances publiques contre des instruments financiers non homologués.
Peter Kum
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