
Un cri du cœur face à la dérive de la jeunesse. Ce lundi 1er juin 2026, les femmes du village de Mbeme, situé dans l’arrondissement de l’Upper Banyang, département de la Manyu, région du Sud-Ouest, ont investi l’espace public lors d’une marche pacifique. Leur objectif, dénoncer avec vigueur la prolifération de la vente et de la consommation des stupéfiants, qui gangrènent leur communauté.
Le cortège, empreint d’une grande solennité, arborait des symboles forts pour marquer l’urgence de la situation. Vêtues de noir en signe de détresse et brandissant des branches de paix traditionnelles, les manifestantes ont traversé les artères du village. Tout au long de leur parcours, elles ont entonné des chants de sensibilisation ciblant nommément les substances les plus dévastatrices de la région, telles que le tramadol, le cannabis, localement appelé « banga », ainsi que d’autres drogues dures.
Au-delà des slogans, les mères de famille ont associé spiritualité et coutume à leur démarche. Des prières collectives ainsi que des rites traditionnels ont été célébrés afin d’implorer l’aide des autorités locales, des chefs de communauté et des ancêtres pour éradiquer définitivement cette menace.
Cette mobilisation citoyenne intervient dans un contexte géographique particulièrement fragile. En tant que localité de la région du Sud-Ouest fortement touchée par les retombées de la crise anglophone, le village de Mbeme subit de plein fouet les traumatismes et la déstructuration sociale liés à des années de conflit asymétrique.
L’accès facilité aux substances illicites et l’oisiveté forcée d’une partie de la jeunesse ont créé un terrain fertile pour l’addiction, entraînant dans son sillage une hausse de la criminalité locale.
« L’avenir de notre communauté dépend de notre capacité à protéger la prochaine génération contre la dépendance et la délinquance », ont martelé les porte-paroles du mouvement.
En brisant le silence, les femmes de la Manyu espèrent provoquer un sursaut institutionnel et communautaire pour offrir un cadre de vie plus sain et des perspectives d’avenir concrètes à leurs enfants.
Peter Kum
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