
C’est un nouveau coup dur pour la liaison ferroviaire reliant le sud au septentrion camerounais. La compagnie ferroviaire nationale, Camrail, a procédé ce dimanche 7 juin 2026, à la suspension des trains couchettes de nuit N°191 (sens Yaoundé – Ngaoundéré) ; et N°192 (sens Ngaoundéré – Yaoundé). Cette interruption prive brutalement les usagers d’un des canaux de voyage les plus prisés du pays.

Ces rames couchettes constituent la colonne vertébrale du transport de nuit pour des milliers de Camerounais. Une suspension, même qualifiée de temporaire, engendre d’immenses perturbations logistiques pour plusieurs catégories d’usagers surtout pour les familles qui privilégient ce mode de transport pour son confort et sa sécurité relative sur les longues distances.
Les commerçants pour qui le train de nuit est le moyen le plus économique et sûr de convoyer des marchandises d’un bout à l’autre du triangle national. Les fonctionnaires et étudiants en déplacement professionnel ou académique entre la capitale et l’Adamaoua.
Cette mauvaise nouvelle intervient dans un contexte régional déjà particulièrement critique. Les voyageurs se retrouvent désormais contraints de se rabattre sur le transport routier, alors même que l’axe Yaoundé-Ngaoundéré (notamment la tristement célèbre RN1) est sous haute tension.
Entre la pénurie et le coût du carburant, l’état de dégradation avancée de la chaussée à certains endroits et l’insécurité résiduelle liée aux coupeurs de route sur certains segments, le sevrage ferroviaire apparaît comme une double peine pour les populations du Grand-Nord.
Bien que la direction de Camrail soit attendue pour publier un avis officiel au public détaillant la durée estimée de cette interruption, les experts du secteur pointent déjà plusieurs facteurs structurels récurrents. Des contraintes techniques imprévues sur le matériel roulant (locomotives ou voitures couchettes), des besoins urgents de maintenance curative sur le réseau ferroviaire et d’éventuels incidents ou affaissements de plateforme sur la voie en cette période de transition saisonnière.
Les usagers attendent désormais des clarifications rapides et surtout un calendrier précis de reprise des rotations pour désengorger les terminaux de voyage.
Peter Kum
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